Dans cet article Dans cet article
- Qu’est-ce qu’une scutigère, ce myriapode véloce ?
- Une scutigère est-elle dangereuse pour les occupants ?
- Pourquoi la scutigère entre-t-elle dans la maison ?
- Comment la reconnaître et éviter la confusion avec un autre arthropode
- Prévention : assécher, fermer, réduire les proies
- Que faire face à une scutigère dans une pièce ?
La scutigère (Scutigera coleoptrata), appelée aussi scutigère véloce, est un myriapode de 2 à 3 cm doté de quinze paires de pattes très longues. Ce n’est pas un insecte, et elle ne présente pas de danger pour l’être humain. Elle chasse la nuit de petits invertébrés et recherche les zones humides du logement. Pour la faire reculer : assécher l’air, boucher les passages et réduire les proies disponibles.
Qu’est-ce qu’une scutigère, ce myriapode véloce ?
La scutigère véloce porte le nom scientifique Scutigera coleoptrata. Elle appartient aux myriapodes, et plus précisément aux chilopodes, un groupe d’arthropodes terrestres dont chaque segment du corps porte une seule paire de pattes. Un insecte, à l’inverse, ne compte que six pattes et un corps divisé en trois parties. Cette différence de classification explique pourquoi beaucoup de traitements classiques contre les insectes se révèlent inadaptés face à elle.
Son apparence est assez facile à mémoriser : un corps allongé et aplati, beige clair à grisâtre, marqué de bandes sombres sur le dessus. Quinze paires de pattes fines l’encadrent, les dernières étant plus longues que les premières. Deux antennes mobiles prolongent la tête, et une paire de pattes transformées, les forcipules, lui sert à injecter du venin à ses proies.
Le cycle de vie reste discret. La femelle dépose plusieurs dizaines d’œufs dans un abri humide, souvent au printemps. Les jeunes sortent avec un nombre réduit de pattes et en gagnent au fil des mues successives. L’adulte peut vivre plusieurs années, ce qui explique qu’une petite population se maintienne longtemps dans une cave ou une salle de bain si les conditions lui conviennent.
Nocturne, la scutigère chasse à vue et se déplace à une vitesse étonnante pour un animal de cette taille. Elle ne tisse pas de toile et ne creuse pas de galerie : elle poursuit ses proies au sol et le long des murs, puis regagne une fissure ou un recoin sombre au lever du jour. Une observation en pleine nuit, lumière allumée, correspond donc parfaitement à son rythme naturel.
Une scutigère est-elle dangereuse pour les occupants ?
C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est rassurante. Le venin de la scutigère est adapté aux petits invertébrés : il n’a pas d’effet notable sur l’être humain dans des conditions normales. Pour mordre, l’animal doit être coincé contre la peau, par exemple dans une chaussure ou sous un vêtement posé au sol. Au moindre contact, il fuit plutôt que d’attaquer.
Une morsure éventuelle ressemble à une piqûre légère, avec une rougeur locale et une sensation de picotement qui s’estompe. Les personnes sensibles ou allergiques gagnent simplement à surveiller la zone pendant quelques heures. En cas de gonflement inhabituel ou de doute, mieux vaut demander un avis médical que d’attendre en s’inquiétant seul.
Il n’existe pas non plus de transmission de maladie connue liée à cette espèce en France. Le véritable enjeu n’est donc ni sanitaire ni médical : il est pratique et émotionnel. Croiser un animal rapide, multi pattes, dans un couloir sombre reste une expérience désagréable, même lorsqu’elle est parfaitement inoffensive.
Pourquoi la scutigère entre-t-elle dans la maison ?
Elle ne s’installe jamais par hasard. Deux éléments la motivent : l’humidité et la nourriture. Les pièces où l’air circule mal, où les joints fatiguent et où la condensation persiste (salle de bain, WC, buanderie, cave, garage, vide sanitaire) constituent son terrain favori.
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Le second point surprend souvent : voir des scutigères signifie fréquemment qu’il reste d’autres arthropodes à consommer. Blattes, poissons d’argent, araignées, mouches, cloportes figurent à son menu. Une présence régulière peut donc signaler une petite population de nuisibles déjà installée dans les recoins, ce qui mérite un peu d’attention.
Les points d’entrée sont classiques : fissures de mur, passages de gaines, grilles de ventilation, bas de porte de cave, gaines techniques, soupiraux. L’animal progresse aussi depuis l’extérieur lors de périodes très humides, en longeant les murs et les zones ombragées.
Les observations augmentent au printemps et en été, quand l’activité des invertébrés reprend, ainsi qu’après de fortes pluies. La nuit reste son créneau : allumer une lumière dans un couloir ou une salle de bain au milieu de la nuit est le moyen le plus simple d’en croiser une.
Comment la reconnaître et éviter la confusion avec un autre arthropode
Plusieurs animaux ressemblants provoquent des erreurs d’identification. L’iule, souvent appelé mille-pattes au sens strict, est un diplopode : son corps est cylindrique, il porte deux paires de pattes par segment et il avance lentement. Il se nourrit de matière végétale en décomposition et se roule en spirale quand on le touche.
La confusion la plus fréquente concerne donc la vitesse, la forme du corps et le régime alimentaire. Le tableau ci-dessous résume les différences les plus utiles à retenir lors d’une observation rapide.
| Critère | Scutigère | Iule | Autre chilopode (lithobie, centipède) |
|---|---|---|---|
| Corps | Aplati, allongé, 2 à 3 cm | Cylindrique, souvent plus court | Aplati, taille variable |
| Pattes | Quinze paires, très longues | Deux paires par segment, courtes | Une paire par segment, moyennes |
| Allure | Course rapide, arrêts brusques | Marche lente | Déplacement modéré |
| Régime | Prédatrice d’invertébrés | Détritivore | Prédatrice |
| Au contact | Fuit immédiatement | S’enroule en boule | Cherche à se cacher |
| Lieu | Intérieurs humides, murs, sols | Jardins, terre, feuilles mortes | Sous les pierres, jardin, cave |
Un autre profil de petite bête peut aussi tromper : le poisson d’argent, gris et argenté, sans pattes visibles et très rapide lui aussi. Il ne partage ni la silhouette ni la démarche de la scutigère, mais il partage ses cachettes et parfois son régime alimentaire.
Prévention : assécher, fermer, réduire les proies
Aucune méthode de destruction ne tient durablement si l’environnement reste favorable. La logique gagnante consiste donc à rendre les lieux moins accueillants, plutôt qu’à courir après chaque individu aperçu.
- Aérer quotidiennement et vérifier le bon fonctionnement de la ventilation, notamment dans la salle de bain et les WC.
- Réparer les fuites, même minimes : un joint de douche qui suinte suffit à entretenir l’humidité d’un mur.
- Dégager les recoins encombrés, les cartons stockés au sol et les zones jamais nettoyées derrière les meubles.
- Boucher les fissures, reprendre les joints défaillants et poser des bas de porte sur les accès de cave ou de garage.
- Limiter les proies : traiter une éventuelle présence de blattes ou de poissons d’argent change rapidement la donne.
À l’extérieur, éloigner les tas de feuilles mortes, les pierres et les matériaux entreposés contre les murs. Ces abris servent de relais entre le jardin et l’intérieur. Au jardin, la scutigère joue d’ailleurs un rôle utile puisqu’elle consomme des invertébrés : les dégâts sur les cultures viennent plutôt d’autres espèces, à l’image du Puceron tomate sur les plants du potager.
Quand les désordres viennent d’une ventilation insuffisante ou de menuiseries mal ajustées, corriger la cause coûte souvent moins cher que traiter le symptôme chaque année. Pour ce type de chantier, Trouver un artisan qualifié pour des travaux à la maison reste la voie la plus sûre, car l’intervention traite l’origine du problème au lieu de le masquer.
Que faire face à une scutigère dans une pièce ?
Pour un individu isolé, inutile de sortir l’artillerie. Un verre retourné sur l’animal, une feuille rigide glissée dessous, puis un relâchement à l’extérieur suffisent. L’aspirateur fait aussi l’affaire si vous préférez garder vos distances : videz ensuite le sac ou le bac loin de la maison.
Si les rencontres deviennent régulières, la bonne réaction consiste à chercher la cause plutôt qu’à multiplier les pulvérisations. Reprenez les points de la prévention : humidité, aération, joints, abris au sol, proies disponibles. C’est souvent à ce stade qu’on découvre une fuite discrète ou une arrivée d’air mal traitée.
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Les insecticides de contact ont une efficacité limitée sur une espèce aussi rapide et mobile. Si vous en utilisez malgré tout, respectez strictement la notice, aérez et tenez les enfants et les animaux à distance. En cas de présence importante et répétée, ou si d’autres nuisibles sont installés en parallèle, une intervention professionnelle permet de traiter l’ensemble du problème plutôt qu’un seul symptôme.
Toutes les intrusions ne se traitent pas de la même façon. Un nid d’insectes volants sous une toiture relève d’une autre logique et d’une autre prudence : notre page sur le Frelon détaille comment reconnaître les espèces et réagir sans se mettre en danger.
Combien de pattes compte une scutigère adulte ?
Un adulte possède quinze paires de pattes, soit trente pattes, réparties sur un corps allongé. Les jeunes en ont moins à la naissance et en gagnent à chaque mue. Pour comparaison, un iule en compte deux paires par segment et un insecte six au total.
La scutigère peut-elle piquer un être humain ?
Elle en est capable, mais la situation reste rare et bénigne. Sa morsure demande un contact prolongé, par exemple un animal coincé contre la peau ou dans un vêtement. Son premier réflexe demeure la fuite.
Que mange une scutigère dans une habitation ?
Elle se nourrit d’invertébrés vivants : blattes, poissons d’argent, araignées, mouches, cloportes et parfois d’autres myriapodes. C’est une prédatrice active, pas une charognarde. Sa présence indique souvent que ses proies sont déjà sur place.
À quelle période de l’année en voit-on le plus ?
Les rencontres se multiplient du printemps à la fin de l’été, quand l’humidité et l’activité des insectes augmentent. Les épisodes pluvieux favorisent aussi les sorties. En hiver, l’animal reste actif dans les pièces chauffées et humides.
Faut-il tuer une scutigère croisée dans le salon ?
Rien ne l’impose. L’animal est inoffensif et rend service en consommant d’autres nuisibles. Si sa présence vous dérange, capturez-le sous un verre avant de le relâcher dehors, ou aspirez-le puis videz le bac à l’extérieur.
La scutigère est-elle un insecte ou un mille-pattes ?
Ce n’est pas un insecte. Elle appartient aux myriapodes, et plus précisément aux chilopodes, dont chaque segment porte une seule paire de pattes. On la classe donc du côté des mille-pattes au sens large.



